Escale en Bouriatie : de l’audace, de l’audace, toujours de l’audace

Et la Bouriatie est sauvée. Enfin notre passage vers la Mongolie peut-être. On ne se rendait pas bien compte à quel point flirter avec le Naadam pouvait poser problème en termes de transport. Est-ce qu’on ferme nos frontières pour la fête nationale nous, nom de nom ?! Non, nous on les ferme aux réfugiés. Donc tout le temps globalement. C’est simple, pas de chichi. Et ici, il les ferme pendant une semaine pour le Naadam. Or, je vous la fais rapide, on est à Oulan-Oude, le 9 juillet. La frontière ferme le 11 juillet pour une semaine et il n’y a plus de trains à partir de 10h le 9 juillet jusqu’au 14. Et ils sont chers et lents, en plus. Et nous, on doit être le 10 juillet chez Minjee à Orkhon, quelques heures au Sud après la frontière russe en direction d’Oulan-Bator. Bon bon bon….on l’avait pas vue venir celle-là, nous et nos sales habitudes de privilégiées nées avec l’espace Schengen !

Le soleil décline sur le Baïkal, depuis le train entre Irkoustk et Oulan-Oude.
Da svidanié, Baïkal !

Alors ni une ni deux, direction la station de bus. Impossible de trouver le moindre billet sur Internet, il faut se rendre à la gare, point c’est tout. Donc pas de réservations à distance et à l’avance possibles. Y a plus qu’à prier pour qu’ils aient encore quelques places pour nous donc. On se pointe à l’ouverture à 7h du matin en espérant trouver non pas un départ aujourd’hui mais plutôt demain dernier délai. Après ça, le Naadam commence et plus de passage possible pendant une semaine. 

On trouve une hôtesse sur le parking, on baragouine 3 mots de russe et on nous répond qu’il reste une seule place pour demain. Bon. Nous, on n’a pas vraiment envie de jouer à pile ou face qui part en Mongolie sans l’autre… Alors on se remet en marche et on tente le hall de la petite gare. On trouve un vieux guichet fermé. On demande à côté au guichet des bus locaux, la dame appelle « Naaaadiaaaaaa! » Et paf, notre guichet s’ouvre. Et v’là t’y pas qu’on retrouve l’hôtesse croisée sur le parking. Coucou, c’est encore nous, on va te reposer la même question#touristerelou 🙂

On re-baragouine les 3 mêmes mots de russe. Nadia se voit bien désolée de nous répondre à nouveau non, pas de places pour demain. On est agréablement surprises qu’elle ne s’énerve pas. On demande si y a après-demain#tentetachance.

Nadia cherche sur son antique ordinateur. Puis dans ses papiers. Et elle finit par nous dire non. On se regarde, on se dit qu’il faut filer à la gare choper le dernier train à 10h même si c’est cher. Et puis là, POF! Nadia nous sort 2 billets en papier de sa poche ou son tiroir, peu importe. « Passpart, pajalousta! »

Oui oui oui qu’on redonne nos passeports ! Et elle nous vend 2 billets de bus pour demain. « Zavstra! Ciem Tchissov! »

Oui pui oui, t’inquiète pas Nadia qu’on sera là demain à 7h!!!

Le précieux sésame. Ne jamais oublier d’être relou en voyage pour obtenir ce qu’on veut !

On comprend pas vraiment, mais en tout cas… On les a nos billets !

Passage par la rue de la Révolution pour remercier Lénine de cette intervention porte-bonheur. Sans nul doute, c’est grâce à lui !

Lénine a la grosse tête ici.

Mais ici, c’est où ? Ici, c’est la capitale de la Bouriatie. En Russie, il existe plusieurs découpages administratifs, les plus répandus étant les « oblasts ». Cependant les régions à l’économie particulière ou l’ethnie plus ou moins reconnue par le pouvoir en place bénéficient d’un statut légèrement différent, et sont alors soit des « kraï » soit des « républiques ». La Bouriatie fait partie de cette dernière catégorie, et ce titre fleurant bon l’autonomie et l’indépendance permet sans doute de laisser un peu ses habitants tranquilles. Les bouriates sont en effet issus majoritairement d’anciens peuples mongols, et Oulan-Oude reflète effectivement un vrai parfum d’Asie à ce titre. Sans velléité révolutionnaire à ce qu’on sache.

Ça commence à plus trop sentir l’urbanisme soviétique !

Plus guère de visages caucasiens, ça y est, on sera désormais identifiées comme de vraies touristes au premier coup d’œil. Bon ceci dit ça a toujours été le cas depuis le début mais l’espoir était permis. Plus maintenant !


On profite donc de la journée pour admirer la ville vue d’en haut. La rivière Selenga, arrivant tout droit d’Oulan-Bator, s’étire doucement dans la plaine sableuse. On remarque évidemment la belle centrale à charbon traditionnelle sur le côté. Les maisons individuelles s’étendent de toutes parts de l’autre côté de la rivière.

Oulan-Oude vue d’en haut

Petite visite au temple bouddhiste de la ville, bâti il y a moins de 15 ans. On y entendra parler français 5 fois. On est vraiment tous les mêmes bon sang. 

Ce temple est très récent, et on a pourtant la sensation qu’il a toujours été là, tellement il trouve bien sa place dans le paysage, empli de gens venus prier et se recueillir. Comment faisaient-ils au siècle dernier ??

La sagesse de Bouddha aurait-elle fini par arriver en Russie ?

On regagne ensuite la ville pour se remplir un peu la panse, et se remettre en bonne et due forme de nos émotions du matin. Au marché, de la viande par monceaux, et quelques fruits et légumes. Une petite cantine sur le côté transforme directement les produits frais de étals en bons petits plats. Il n’est que trop temps d’accoutumer nos palais aux raviolis de mouton, les « dumpligs » bouriates, arrosés de thé et d’une salade « Olivier » à base de patates et mayonnaise. On est encore en Russie quand même, s’agirait pas de l’oublier.

Et 2 dumplings chacune, 2 !

Nadia nous a-t-elle vendu de faux billets en surbooking ? Notre bus passera-t-il la frontière avec nous et nos bagages sans soucis ? Verra-t-on le Naadam en Mongolie ou sera-t-on trop occupées à ramasser les bouses de vaches chez Minjee sous un soleil écrasant ? Obtiendrons-nous notre extension de visa mongol à Oulan-Bator pour avoir le temps de rallier la frontière kazakhe en passant par les montagnes de l’Altaï ? Tant de questions encore sans réponses. Vous le saurez en lisant le prochain article *tin tin tin* musique de teasing


Heureusement une chose est sûre, le pétrole ici ne coûte vraiment pas grand chose. Voyez plutôt – si vous n’arrivez pas à discerner le prix affiché sur ma photo de qualité médiocre, c’est environ 40 à 50 rouble le litre :

Photo bonus : Jeu !
Devine le prix du litre de SP 95 en euro !  (Indice : 1€=70 roubles)

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