Байкал, спасибо тебе !

Voilà ce qu’on a envie de lui dire après avoir fait connaissance quelques jours, à ce graaaaaaaaaaaand lac : Merci à toi, Baïkal !


Tout commence par une petite étape de quelques jours à Irkoustk, qui nous a offert une belle introduction à la Sibérie et à ses habitants.

Maison de bois dans les rues d’Irkoustk : Welcome to the Far East !

Le centre ville regorge de belles bâtisses aux gros rondins de bois et fenêtres ornées d’encadrement finement ciselés. Souvent peints en différents tons de bleus. On remarque rapidement aux craquelures de peinture que le gradient de température annuel ne rigole pas trop trop ici. Certaines maisons poussent complètement de guingois, à demi-enterrées dans le sol, et personne ne semble s’en inquiéter outre mesure, ce qui donne à la ville un charme désuet formidable. Quelques belles églises parsèment évidemment le centre ville. 

Églises blanches et bulbes dorés. On ne s’en lasse pas.

La ville a été créée en 1661 (c’est récent hein :)) et seul le tsar Alexandre III y mettra les pieds, ce qui lui vaudra par ailleurs une belle statue de bronze sur les rives de la rivière Angara, qui tire ses eaux du Baïkal, naturellement.


Une belle découverte de la Russie populaire en un samedi après-midi de début juillet, où à la suite d’un bien pieu détour par l’Eglise de l’Épiphanie, nous profitons de magnifiques chants pendant l’office. Encore toutes émerveillées d’icônes, de dorures et de cantiques, on se dit  » vraiment cet attachement à la religion après un siècle ou presque de censure soviétique, c’est si émouvant ! » Puis nous tombons en sortant sur un festival type fête votive où, entre autres joyeusetés, il est proposé un stand de photos avec au choix lance-rockets ou kalachnikov, et des soldats qui vous expliquent gentiment comment ça fonctionne. Un peu plus loin une mini-arène genre combat de coqs sauf que ce sont des boxeurs -humains donc- qui s’affrontent sous les hourras de la foule. Aimez-votre prochain donc, mais la force brute, la virilité et les armes aussi.

Fête populaire à Irkoustk

On prend le temps de découvrir la région et bien évidemment ses spécialités culinaires qui s’apparentent peu à peu à ce qu’on trouve en Mongolie. C’est-à-dire de la viande de mouton en masse et sous toutes ses formes. On compare les différents bortsch et autres ragoûts qualitatifs, on goûte quelques samossas à la viande, divers types de raviolis cuits vapeur et on finit par se dire que le mieux, c’est bien les cherubieki. Enfin surtout moi, étant donné que j’y vois l’incarnation sibérienne des panzerotti. Vous réalisez alors peut être à quel point je suis refaite. Est-ce que pour autant les gens qui bossent pour Areva ont des réductions ici, je ne crois pas, mais j’essaierai peut être de progresser en russe pour le demander. Il est possible qu’ici les employés favorisés soient plutôt ceux qui travaillent carrément dans le pétrole ceci dit…Triste monde !

Cherubieki achetés au marché : chausson frit d’oignons, fromage et viande 😀

Et c’est parti pour une semaine de trek à pied le long des côtes du lac Baïkal ! Nous suivrons le Bolchoïa Balkaïskaïa Tropa#GreatBaïkalTrail

Mais avant… Petit topo Wiki/Culture Gé/C’est Pas Sorcier : 
Le lac Baïkal n’est rien moins que la plus grande réserve d’eau douce de la planète. Eh ouais, bim ! Non mais vous imaginez ce que ça veut dire en fait ? Concrètement, c’est  600km de long sur 80km de large, profond jusqu’à 2 km par endroits, abreuvé par 336 ruisseaux et rivières… Si on le superpose sur une carte de la France, il va à peu près de Bordeaux à Strasbourg. Voilà. Ça pèse grave dans le game, comme disent les jeunes !

Sur les rives de la mer sacrée de Russie. Surkiff total.

Plus de 60% des espèces du lac sont endémiques, notamment des petits phoques ultra mignons dont la tête pope parfois à la surface pour nous observer, nous, petits homo sapiens baïkalensis de quelques jours.

Jeu ! Un phoque s’est caché dans les eaux cristallines : sauras-tu le distinguer ?

Le Baïkal, c’est un peu la mer mais en pas salé, c’est propre, c’est grand, c’est même très grand, en fait non, c’est juste carrément méga grand. Immense. Inconcevable. Je ne vous parle pas des jeux de couleurs à la nuit tombante, sinon je vais partir en envolée lyrique. Le sentier a le bon goût de sinuer entre plages de galets, falaises, crêtes rocheuses et spots de bivouac de folie… on réussit même par se tremper dans l’eau au bout de quelques jours d’apprivoisement des basses températures. Le sentier est globalement plat, parfois ça monte sec pour redescendre aussitôt. On se familiarise donc avec le concept de montagnes russes#blague

Petite datcha de Sibérie, vue sur mer. OKLM

Au terme de quelques jours et kilomètres de marche, nous retrouvons bruits de moteurs et « civilisation » à Bolchoe Goloustnoe, où la fine fleur de la Russie sibérienne s’épanouit l’été. D’antiques side-cars circulent dans les rues, transbahutant tout et n’importe quoi, baboushkas y compris. 
Le temps n’a que peu de prise ici semble-t-il, et ça c’est validé. 

Side-car qui a du connaître Staline, lui aussi.

Retour à Irkoustk afin de récupérer nos visas mongols et il sera déjà temps de quitter la Russie une première fois. Que c’est bon de se dire qu’on va y remettre les pieds prochainement pour en découvrir encore un peu plus… Le cap se porte désormais au Sud ! La Mongolie nous attend. Et 2 semaines de boulot dans un ranch pour commencer : ça va envoyer du poney !!

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