Premiers pas en Sainte-Russie : pas de répit pour les mirettes

Alors oui, la Russie ça se mérite. Mais pour le moment, on peut dire que ça vaut le coup d’œil !

On vous avait laissés de l’autre côté de la frontière avec l’Union Européenne, mais nous voilà bien arrivées à Moscou. La frontière a donc été braillement passée !

Cela mérite cependant quelques détails… Car le train Riga-Moscou, c’est un avant-goût de transsibérien à priori.

Saumon fumé savouré dans le train, avec vue sur la forêt 

On a pris nos places en 3ème classe, la moins chère évidemment, et on s’attendait à se trouver sur d’inconfortables fauteuils pendant 17 heures. Et bien on s’est en fait trouvées dans un wagon de 60 personnes avec couchettes rétractables et eau chaude à dispo pour ne jamais manquer de thé !

C’est l’heure de vérité pour nos visas de classe « business » donc, après un premier arrêt du train à la frontière lettone où des officiers de l’UE contrôlent l’ensemble des passagers une première fois.

Le train stoppe alors au milieu des bois, il est 23h passées et on se réveille comme on peut d’une première micro sieste (vous vous doutez bien qu’on a voulu tester les couchettes assez vite après avoir compris comment on les dépliait sans se coincer les doigts :)).

D’un côté de notre train, on voit de gros wagons noircis par des années de fret, remplis de propane. Tout écrit en russe. De l’autre côté, un quai en graviers, plus que sommaire, maladroitement éclairé par un réverbère blafard. Et tout autour, la forêt dans la faible lueur de fin du jour. On est au milieu de nulle part ma parole. Qu’est ce qu’il se passe si nos visas, ça fonctionne pas ??!! On voit défiler un petit groupe d’officiels russes, uniforme, képi, flingue et ordinateur sommaire sont de rigueur. Eh bah moi ça m’a directement projetée dans un film type fuite de Juifs pendant la seconde guerre mondiale ! On a l’impression d’être des clandestines…

On a cependant connu une fin bien heureuse puisqu’après un examen semi-rapide de nos 2 passeports, nous obtenons le tampon d’entrée sur le territoire de la Fédération de Russie. Avec nos visas « business » et nos sas à dos de gros bab´s, nous sommes l’image même de la franchise et la cohérence donc. Nous qui nous attendions à être questionnées sur le genre de business pour lequel on venait, et par là même à se trouver bien dans l’embarras… On verra lors des prochains passages ce que ça donnera !

C’est quand même vraiment beau l’espace Schengen, moi je vous le dis… Quand on pense à tous les pays traversés depuis Lyon sans qu’on nous demande rien… Ça change d’ambiance !

Mais peu importe … Moscou, nous voilà !!

Sur les quais de la gare Rhijzky à Moscou

Il est temps, enfin, de découvrir la Russie et ça commence bien sûr par un spot bien connu, et pas que de nous visiblement, étant donné la marée de chin… euh de touristes qu’on a croisé notamment sur la célèbre Place Rouge et au Kremlin.

Saint-Basile-le-Bienheureux et Horloge du Kremlin. Ambiance « on a de la place, on va pas se gêner pour la prendre »

Je ne vais pas m’étendre, mais globalement… cette place est absolument magnifique, et se distingue à la fois par l’harmonie des couleurs, l’équilibre entre la sobriété et l’extravagance des formes et l’espace qui y a été maintenu. La première vue m’a clairement donné l’impression d’être aspirée dans l’Histoire. Je voyais défiler des chars, des troupes entières de l’Armée Rouge… En fait j’ai dû confondre avec les chin… les touristes.

Saint-Basile au fond semble flotter dans l’espace. Aucun édifice à proximité pour lui faire concurrence. Construite sur demande d’Ivan IV dit « Ivan The Great » ou encore « Ivan le Terrible » (chacun ses sensibilités), elle glorifie ainsi la mémoire du premier des tsars de Russie. Faut dire que ça commence déjà pas sur du modeste modeste du coup, mais que c’est beau !

Ivan aurait crevé les yeux de l’architecte une fois son œuvre finie afin qu’il ne puisse pas la reproduire. Alors moi je me demande bien comment un type aussi cruel peut avoir validé les plans d’une cathédrale qui ressemble à une superposition géante de sucreries colorées et raffinées ?

Portrait d’Ivan. Méfiez-vous des gourmands…

Pendant l’ère soviétique, et notamment à partir de 1935, une grande chasse aux lieux de cultes est lancée à travers le pays, qui verra son nombre d’églises et monastères divisé par 10 en 50 ans. Il ne fait pas bon afficher la gloire de Dieu à cette époque. Vous vous doutez bien, alors, que Papa Staline au pouvoir se dit « Dites-voir, je ferai bien sauter Saint-Basile moi, pour faire plus de place pour faire défiler mes chars sur la Place Rouge ! Non ? »

La cathédrale sera sauvée in-extremis par quelques architectes courageux qui suggèrent au petit père des peuples de plutôt la transformer en musée d’histoire et d’architecture … Ouf !!

Vue sur Saint-Basile, qui l’a échappé belle.

On passera ensuite 2 bonnes heures à se promener dans le Kremlin, haut lieu de l’Histoire s’il en est. On voit de loin briller les dômes dorés de la ribambelle de bondieuseries qui y siègent. Là-bas, il y a de la place ça oui ! Encore une question de grandeur, on ne sens pas à l’étroit en tout cas mais interdit de mettre un seul pied en dehors du trottoir pour les piétons, sinon c’est rappel à l’ordre direct par les gardes et ça, personne n’en a trop envie !

Davaï ! Davaï !
Alice s’est glissée parmi la foule : sauras-tu la retrouver ?

Comment envisager Moscou sans évoquer son métro ? Construit par les soviets en 1935, vous imaginez bien qu’ils ont pas fait dans le modeste, s’agissait quand même de montrer au monde entier que l’URSS, ça en jette !

On a l’impression de se promener dans un palais souterrain, entre les lustres et les mosaïques dorées, donnant du marteau et de la faucille en veux-tu en-voilà et des portraits de Lénine ou de simples scènes de l’idéal soviétique sur fond de propagande. Pas de pub dans le métro, ou très discrètes (et de toutes façons on ne les comprend pas, très clairement le guide ASSIMIL a ses limites). C’est hyper reposant de voir des sculptures de bronze avec des femmes qui moissonnent ou des mosaïques représentant des ingénieurs plutôt que la dernière pub géante pour le dernier smartphone non moins géant…

Ca calcule, ça construit sous l’ère soviétique ! Aménagez- moi tout ça que diable !

On apprécie grandement le soin porté à l’égalité entre les sexes, les femmes étant autant représentées que les hommes dans les différentes mise en scènes.

On passera un bon moment à regarder défiler les groupes de chin… de touristes, qui font la photo de famille devant les fresques représentant le pouvoir communiste en marche. La question est : à quel point s’identifient-ils aux personnages peints derrière eux…?

Et on sourit à 3 ! 1….2….3 !!
Le camarade Lénine

Étonnant musée que ce métro, là encore on touche l’Histoire du bout des doigts.

Heureusement, Moscou est désormais libérée du joug soviétique et peut jouir des merveilles du monde capitaliste :

La réconciliation entre les peuples… C’est beau.

Pas assez de 2 jours pour se repaître des surprises et étonnantes merveilles que compte encore Moscou… Au retour peut-être ? Pour l’heure… Le transsibérien nous attend demain !

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