Debout les gars réveillez-vous …!

« Il nous appartient de décider que faire du temps qui nous est imparti »

Et ouais, on part un peu au bout du monde . Et nous ne sommes pas « des gars ». Parce que y a pas que « les gars » qui peuvent en mettre un coup et partir au bout du monde. Bon de là à dire que le titre de cet article est mal choisi… mais c’est quand même un peu la chanson qui m’est venue en tête lorsque j’ai posé le pied hors du Lyon-Paris, mon sac sur le dos, et la foule de gens pressés autour de moi. Qui d’autre part en Russie en bus ce soir ? Non, personne ?! :p #momentGrosseTête#Groskiffquandmême

Bref, en tout cas ça y est ! On a dit au revoir à Paris le 18 juin, au revoir aux copains, à la famille, à Lyon, au pays, aux bons fromages et notamment au camembert (dont on a quand même emporté un exemplaire jusqu’à Varsovie au moins histoire de rendre le voyage de nos copains de bus allemands et polonais plus agréable…).

Sur les quais de Paris Bercy-18 Juin 2019

« Il est quand votre avion déjà ? »

Bah dis donc, c’est drôle ça comme question 🙂 Ca fait quand même bizarre de claquer la porte de chez soi, prendre son petit sac à dos et monter dans un train à Lyon Part-Dieu en se disant : « Bon, bah la prochaine fois que je me pose un peu, ce sera à Moscou, puis en Mongolie. Dans 2 semaines. » Contre 8h d’avion cumulées l’été dernier pour ma part.

Mais figer le temps , est-ce que c’est pas un peu l’ambitieux objectif de ce voyage ? Les destinations sont importantes, certes, il y a des points par lesquels on veut passer et voir mais rien de comparable à la sensation de se promener à travers le vaste monde à une allure encore compréhensible par le genre humain. Bon même si un bus ça va bien vite sur les autoroutes polonaises et allemandes, je vous l’accorde. Un vélo, un poney ou juste des pieds, ça, ça ralentit vraiment et ça met la bonne petite claque qu’il faut au rythme effréné auquel on est habitués dans notre quotidien occidental « développé ».

Bon trêves de tergiversations, l’heure n’est pas à l’amertume mais plus à l’espoir et l’attente de l’inconnu. Les longues heures de bus au pied de toutes les éoliennes allemandes (youpiiiiiiiii !!!! Comme elles sont belles et nombreuses !!!) et le petit passage à côté de Mons au début du voyage (coucou Héloïse 🙂 ! Pour aller à Berlin on passe à côté de chez toi ! Mais on savait pas :)). Tout ça nous laisse bien le temps d’imaginer ce qui nous attend peut-être. Entre les livres lus, les images glanées, les récits de copains, les leçons de russe et notre cerveau (la moitié non rationnelle en tout cas), on a bien de quoi s’occuper nos longues heures de trajet. L’ennui, c’est finalement le tremplin de la créativité (Héhé ça fait classe de dire des trucs comme ça tout de suite, ça fait genre grande sagesse de voyage mais évidemment c’est pas de moi, c’est de Rob Hopkins 🙂 Je vous laisse en revanche deviner qui a dit la citation d’intro de l’article :))

Gare routière à Berlin : qui veut un billet pour le monde du Zob 🙂 ?

Les heures se passent essentiellement à regarder les champs de céréales défiler sous nos yeux : c’est très très très plat ! Quelques passages par des villes : Pozńan et Varsovie notamment . 

Pozńan centre, tramway d’époque 

Les langues changent, les publicités, les visages, les vélos (si si !!) et les sonorités se modifient peu à peu. J’ai essayé de briller avec 3 mots d’allemands à Berlin, histoire de commander 2 thés verts, demander un remplissage de gourde et les WC (sans aide extérieure s’il vous plait ! Manon Cottet tu aurais dû venir dès le début avec nous bon sang !). J’étais plutôt fière mais tout se mélange entre l’anglais bien ancré, l’espagnol qui sort bizarrement très naturellement, les mini-restes d’allemand et le russe fraîchement et fragilement établi ces derniers mois… on va se marrer en Russie, vraiment on va se marrer à essayer de jouer les locales en baragouinant avec un mauvais accent ! Et ça, c’est quand même bien fun :p

La petite nuit de pause à Varsovie est aussi agréable qu’attendue. Quand on ne s’attend à rien, c’est difficile d’être déçu ceci dit 🙂 On partagera la fin du Cœur de Lion dans un parc au pied de l’université de musique Frédéric Chopin. Vue sur la ville, quelques oiseaux et deux chanteurs d’opéra qui s’exercent, fenêtre ouverte. Un bulbe du supposé couvent au premier plan semble nous dire qu’on est dans la bonne direction. Y a des petits moments comme ça où on apprécie la douceur de la vie sans rien faire d’exceptionnel. Et ça c’est validé puissance mille 🙂

Apéro camembert sur fond d’opéra 

Soirée dans le centre ville de Varsovie refait à neuf après les bombardements échangés par les voisins allemands au siècle dernier. On est surprises par la propreté et la modernité des lieux . Presque pas de voitures en centre ville, des terrasses et pas une publicité affichée ou un écran lumineux… On savoure la bière et la tambouille du coin 🙂 

Dîner en ville et bière allemande à Varsovie

Départ le lendemain vers les pays baltes. Riga nous attend, avec potentiellement l’énorme fête nationale le 22 juin, à base de chants, de gens avec des couronnes de feuilles dans les cheveux et de veillée de la Saint-Jean version lettone. Ptet bien qu’on va s’arrêter un jour de plus avant de mettre le cap plein Est sur Moscou 🙂

Centre de la culture à Varsovie : on sent la patte soviétique ! 

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